Juil 182016
 

Le pat permet dans certains cas, il est vrai assez rares, de sauver une partie perdue. Avant d’en voir des exemples, rappelons la définition du pat: on dit que l’un des joueurs est pat si c’est à son tour de jouer, qu’il n’a aucun coup légal et qu’il n’est pas en échec (s’il est en échec mais n’a aucun coup légal, il est mat et la partie est perdue). La partie est déclarée nulle et le point est partagé. Signalons aussi qu’aucun coup légal signifie aucun coup possible du Roi mais également aucun autre coup possible (de pion par exemple).

Chez les joueurs débutant, le pat est parfois la fin malencontreuse d’une finale Roi + Dame contre Roi: à trop vouloir coincer le Roi adverse, on peut facilement l’étouffer. Dans le diagramme ci-dessus, les Blancs peuvent bloquer le Roi noir sur la dernière rangée en jouant 1.De7 (qui est un bon coup) puis, après 1…Rb8 (seul coup), le forcer à aller dans le coin en jouant 2.Dd7, mais après 2…Ra8 (à nouveau forcé), le coup 3.Dc7 serait de trop car les Noirs sont pat. Après 2…Ra8, le bon plan pour les Blancs est de ramener leur Roi en b6 puis de jouer Db7, mat.

Le pat termine aussi parfois les finales Roi + pion contre Roi:

Dans la position de ce diagramme, le bon coup pour les Noirs est 1…Rd8 (reculer le Roi sur la colonne du pion), qui conduit au nul si les Noirs jouent correctement. Après 2.Re6 Re8 (et pas 2…Rc8 3.Re7 qui permet aux Blancs de faire une Dame) 3.d7+ Rd8, les Blancs ont le choix entre laisser le pion ou jouer 4.Rd6 pat. Signalons que les Noirs ne doivent pas se tromper de premier coup: après 1…Re8 2.Re6 Rd8 3.d7, le trait est aux Noirs et les Blancs gagnent après 3…Rc7 (seul coup) 4.Re7.

Dans les diagrammes précédents, le pat était le résultat soit d’une erreur dans une position gagnante (dans le premier diagramme), soit le résultat logique d’une finale nulle (dans le second diagramme).

Dans le diagramme suivant, les Blancs, avec cinq pions de moins, trouvèrent une façon de forcer le pat pour annuler:

Cet exemple est tiré de la partie Congdon – Delmar, jouée en 1880. Les Noirs ont 5 pions d’avance mais, sans leur Dame, les Blancs, au trait, seraient pat. C’est pourquoi il jouèrent 44.Dg8+ qui force 44…Rxg8 et la partie est nulle.

Dans la position suivante, tirée de la partie Chigorine – Schlechter jouée à Ostende en 1905, les Noirs trouvèrent une façon astucieuse de sauver la partie:

Les Blancs, qui sont en échec, jouèrent 45.Db6+ dans le but d’échanger les Dames et d’obtenir une finale de pions facilement gagnante. Mais les Noirs jouèrent le surprenant 45…Ra8 qui annule: 46.Dxc7 fait pat, et 46.Ra6 Dc8+ 47.Ra5 Dc7 conduit à une répétition de coups !

Beaucoup plus près de nous, en avril 2015, Fabiano Caruana, en difficulté avec les Blancs contre le champion du monde Magnus Carlsen, tenta un petit piège:

Caruana vient juste de jouer 38.e4. Si 38…Txf2, il obtient le nul par 39.Ta8+ Rf7 40.Ta7+ Re8 41.Te7+ car la Tour ne peut pas être prise à cause du pat et les Blancs peuvent donner des échecs sur la 7e rangée. Malheureusement pour Caruana, Carlsen vit le piège, joua 38…Td4 et finit par gagner la partie.

Et vous, avez-vous déjà sauvé une partie grâce au pat ou raté un gain à cause d’un pat ? Faites-nous part de votre expérience dans les commentaires ci-dessous !

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